Affiche film Elephant Man

The Elephant Man : Portrait de l’humanité

Elephant Man est un film brittano-américain, réalisé par David Lynch (Twin Peaks, Eraserhead, etc) et sorti en 1980.

Il retrace la vie de Joseph Merrick, ici appelé John, homme ayant la particularité d’avoir de multiples difformités, l’handicapant sérieusement dans tout ce qu’il fait. Surnommé l’Homme Éléphant, il est considéré comme un monstre aux yeux de la population.

Le film a réussi à tirer son épingle du jeu, recevant une note moyenne de 4.8/5 par les diverses critiques de la presse.

 

Elephant Man : Le film de David Lynch

Merrick et Treves, Elephant Man : Le film de David Lynch

 

Nous sommes à Londres, en 1884. Le chirurgien Frederick Treves découvre un homme défiguré et difforme, devenu une attraction de foire.

Le « monstre » John Merrick, doit son nom d’Homme Éléphant au terrible accident qu’a subi sa mère. Alors enceinte de plusieurs mois, elle est renversée par un éléphant.

Impressionné par de telles difformités, le docteur Treves achète Merrick, l’arrachant ainsi à la violence de son propriétaire et à l’humiliation quotidienne d’être mis en spectacle. Treves pense alors que Merrick est un idiot congénital. Il découvre pourtant rapidement un homme meurtri, intelligent et doté d’une grande sensibilité.

 

Elephant Man : La critique

Merrick, l'Homme Elephant, Elephant Man : Le film de David Lynch

 

Ne connaissant pas vraiment l’histoire de l’Homme Elephant, j’ai choisi de regarder ce film pour me cultiver un peu, bien m’en a pris !

Deuxième oeuvre de David Lynch, le film se déroule pendant la révolution industrielle d’une Angleterre victorienne, remplie d’usines. L’utilisation du noir et blanc est judicieuse ici pour renforcer aussi bien le côté ancien que le côté sombre de l’histoire. La vie de John Merrick n’a rien de joyeux, et l’absence de couleurs aident à le montrer.

En plus de raconter l’histoire de l’Homme Éléphant, bien que quelque peu romancée, Lynch nous dresse également un portrait de la société telle qu’il la perçoit : injuste, égoïste, moqueuse et profiteuse. John Merrick n’est que le « gagne-pain » de son propriétaire, qui l’exhibe à des personnes payant pour voir sa laideur ! La même idée de visites payantes germera dans l’esprit d’un gardien de l’hôpital, pour se faire de l’argent facile sur le dos de ce pauvre homme.

Je dis « pauvre homme », car on ne peut qu’être compatissant et triste pour cet homme qui ne peut se défendre seul, ses difformités l’handicapant sérieusement (impossibilité de dormir allongé à cause de la grosseur de son crâne, il ne peut pas se servir de son bras droit, à des difficultés à parler, etc). Plus le film avance, et plus on aime cet homme et on aimerait qu’il s’en sorte, qu’il redevienne normal et qu’il vive heureux.

Les scènes de fins, bien que sublimes, montrent bien que malgré tout l’aide qu’il peut recevoir, le regard des autres est gravé à tout jamais dans sa chair et que rien ne pourra jamais changer ça. Le dernier geste qu’on nous montre de lui, montre son abdication devant l’incompréhension des hommes face à sa différence malheureuse.

On se met aussi à aimer John Merrick grâce à la performance de John Hurt pour jouer son rôle. Déjà connu pour Alien, il incarne à merveille l’Homme Éléphant, doté d’un physique rebutant, mais d’une sensibilité extrême. Je ne comprends pas comment il n’a pas pu recevoir de prix pour ce rôle. Anthony Hopkins (Le Silence des Agneaux, Thor, Noé, Hithcock, etc) interprète lui le docteur Treves, convaincant dans son rôle de sauveur de monstre et de chirurgien se demandant si ce qu’il fait est bien ou non. Représentant la seule « famille » de Merrick, il est surement la personne la plus humaniste et tolérante qu’il ait connue.

L’autre atout du film est aussi sa mise en scène. Parfaitement rythmées, les images sont imprégnées avec des morceaux de musique parfaitement choisis. Filmer des personnages en pleurs de face est une première dans l’histoire du cinéma, ce qui influencera nombre de réalisateurs dans le futur. Les décors ne sont pas négligés non plus, avec beaucoup d’images de Londres, de machineries en activité. Ils montrent également les phases par lesquelles passent Mellick, le décor est sale, dégradé, humide quand il est enfermé, malheureux, tandis qu’ils sont beaux, propres et classe quand il est heureux avec les personnes qui l’ont aidés.

Elephant man, Elephant Man : Le film de David Lynch

 

Nous assistons donc, pendant une partie du film, avec dégoût, à l »humiliation que subit Merrick. Treves aura alors une très belle phrase contre celui qui en est à l’origine : « Ce n’est pas lui le monstre. C’est vous !« . Une démonstration que le physique ne résume pas un homme mais qu’un état d’esprit peut parfois être bien pire que ce que l’on voit en apparence.

Merrick marque la conscience de la différence par la gratitude qu’il éprouve envers ceux qui malgré ses difformités le traitent ou font en sorte qu’il soit traité en humain. Ce qui importe c’est de comprendre que le regard des autres définit celui que l’ont porte sur soi-même

Merrick s’affirme être humain quand il ressent la sincère affectation de l’infirmière.

Une vraie leçon d’humanité et de cinéma.

 

Elephant Man : Les infos

John Merrick, traité en humain, Elephant Man : Le film de David Lynch

 

Elephant Man s’inscrit dans la lignée des films de monstres apparus à la fin des années 20, qui questionnaient de la « monstruosité » des humains par contraste avec celui de leur personnage principal. On peut citer en exemple Freaks, la monstrueuse parade de Tod Browning, qui a influencé l’oeuvre de David Lynch.

Le scénario du film est inspiré de deux romans : « The Elephant man and Other Reminiscences » de Sir Frederick Treves, et « The Elephant man : a study in human dignity » d’Ashley Montagu. Cependant, David Lynch voulu éloigner le scénario du fait divers original en changeant le début et la fin du film.

Le slogan du film tel qu’il apparaissait sur l’affiche originale était : « I am not an animal ! I am a human being ! I am … a man ! » (comprenez « Je ne suis pas une bête ! Je suis un être humain ! Je suis … un homme !« ) La prononciation de cette phrase restera d’ailleurs comme le moment fort du film.

Le personnage principal n’est montré que tardivement dans le film. Le spectateur doit d’abord s’habituer à sa présence avant de voir son vrai visage. La laideur de son corps nous est d’abord présentée par les réactions de ses interlocuteurs. Ainsi, une larme se dessine sur le visage du docteur Treves quand il aperçoit Merrick pour la première fois à travers le brouillard. Il apparaît pour la première fois avec une infirmière qui a une réaction normale face à lui comme celle que doit avoir le public. Le producteur aurait insisté auprès de David Lynch afin de garder le suspense le plus longtemps possible.

Lorsque le véritable John Merrick meurt, des parties de son corps sont alors préservées pour des recherches scientifiques. Certains de ses organes sont mis dans des bocaux et des moules en plâtres sont réalisés sur sa tête, un bras et un pied. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des raids aériens allemands détruisent ses organes. Les plâtres, eux, sont miraculeusement épargnés et transférés dans un hôpital de Londres. Le maquillage de John Hurt a été directement élaboré à partir de ces derniers.

La maladie dont souffrait Merrick n’a pu être diagnostiquée de son vivant. Plus tard, des études de son squelette ont laissé penser qu’il était atteint de neurofibromatose, une maladie affectant les os et la peau. Depuis, d’autres chercheurs ont annoncé qu’il souffrait en fait du Syndrome Proteus, une maladie encore plus rare que la précédente. Aucun des deux diagnostics n’a pu être vérifié scientifiquement.

 

Découvrez la bande annonce d’Elephant Man 

Visionnez la bande-annonce d’Elephant Man, en version sous-titrés :

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Article rédigé par Maximilien

Maximilien
Jeune développeur Web en quête d'aventures, je suis passionné par internet et la musique. Mais je ne refuse jamais une bonne séance cinéma seul ou avec des amis. J'en profite donc pour vous partager mes avis sur ce que j'ai aimé (ou pas) regarder.

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